Sécurité Sociale de l’Alimentation et Monnaies Locales (F/H/X)
La structure
Une première étude (7 cas) a été menée au printemps-été 2024, ce stage prolonge et renforce cette dernière (nouveaux axes et cas).
Les initiatives de l’ESS visant à favoriser l’accès à l’alimentation de qualité pour tou.te.s font face à un certain nombre de limites (difficultés à articuler solidarité avec les producteurs et avec les consommateurs, à favoriser la participation des personnes en précarité, etc.) pour dépasser l’aide alimentaire et/ou ouvrir socialement des modes de distribution alimentaires alternatifs.
Face à ces limites, le projet de Sécurité sociale de l’alimentation, porté publiquement depuis 2019 en France par un collectif d’associations et d’organisations, adopte une perspective universaliste. Le collectif propose que toute personne ait accès à 150 euros par mois pour acheter, avec sa carte d’assurance maladie, des produits alimentaires proposés chez les fournisseurs conventionnés par les caisses locales. Associées à cette dynamique nationale, des initiatives locales expérimentent des caisses locales, basées sur des subventions (publiques, privées) et/ou des dons. Les associations de monnaies locales apparaissent alors comme des partenaires et/ou porteurs de ces initiatives. La territorialisation des activités socioéconomiques constitue un des objectifs visés par les AML et tout particulièrement dans le domaine alimentaire. En ce sens, la contribution des AML à la territorialisation de l’alimentation est plurielle2. Ainsi il est possible d’identifier des connexions entre les initiatives relevant de la territorialisation de l’alimentation et les AML à l’échelle régionale comme à l’échelle nationale. Ces expérimentations s’inscrivent généralement dans un cadre multipartenarial dans lequel les AML sont mobilisées comme outil de fléchage de la consommation vers une alimentation de qualité pour tous.
Exemple d’initiatives croisant SSA et AML :
- Soli’Doume à Clermont-Ferrand
- Caisse sociale de l’alimentation à Saint-Etienne
- SSA locale en Savoie
- SSA à Bordeaux
- Solicagnole
- ou encore à Nantes ou en Alsace.
D’autres expérimentations de SSA utilisent d’autres supports monétaires qu’une Monnaie Locale comme la Mona (par exemple la Caisse Alimentaire Commune à Montpellier ou Caissalim Toulouse ou les chéquiers verts, comme Calim à Lyon.
Le Poste
Plus particulièrement, les missions s’ancrent dans deux orientations et s’appuieront sur les cas d’expérimentations précédemment cités :
Quels mécanismes de coopération entre expérimentations de SSA et associations de monnaies locales ?
Nous faisons l’hypothèse que pour émerger, les éSSA nécessitent des formes d’intermédiation territoriale entre les acteurs (Nadou et Pecqueur, 2020 ; Nadou et Talandier, 2020). En effet, ces expérimentations reposent sur une grande diversité d’acteurs (qui n’avaient pas forcément l’habitude de travailler ensemble), doivent co-construire un dispositif vecteur de transformation sociale, sont basées sur la démocratie (alimentaire, directe, etc.), et cherchent à éviter les écueils auxquels la Sécurité sociale de santé a été rapidement confrontée. Nos travaux ont précédemment démontré que les AML contribuent à une infrastructure territorialisée et assument des fonctions d’intermédiation territoriale, soutenant ainsi un processus de développement territorial (Blanc et
al., 2023). Aussi, dans ce premier axe, nous proposons de préciser la palette des rôles d’intermédiation territoriale que peut jouer une AML dans une éSSA.
2/Quelle est la plus-value de l’usage d’une monnaie locale comme support monétaire d’une expérimentation de SSA ?
Un des enjeux majeurs réside dans le choix du support monétaire. En effet, les mécanismes de coopération entre AML et éSSA peuvent conduire à adopter la monnaie locale (ML) pour le versement et l’usage de l’allocation, mais cela n’est pas toujours le cas. Il s’agira de déployer une approche comparative des supports monétaires mobilisés pour le versement et l’usage de l’allocation permettant in fine de questionner la plus-value de l’usage d’une ML comme support monétaire d’une éSSA.
Ce travail empirique pourra être prolongé par une réflexion sur les démarches évaluatives des éSSA. Est-ce que les indicateurs conçus par les éSSA qui coopèrent avec une AML sont spécifiques ? Que visent-elles et que mesurent-elles ? L’objectif de l’équipe, à terme, est de coconstruire des indicateurs pour évaluer les effets des coopérations AML et éSSA sur les pratiques, les représentations sociales et la création de valeur territoriale.
Les missions du stage qui peuvent éventuellement évoluer en fonction de la personne recrutée et de la période, sont les suivantes :
- Participer à la co-construction d’une problématique de recherche avec les acteurs (Mouvement Sol, associations de monnaies locales et associations portant des SSA)
- Réaliser d’une revue de littérature sur les travaux académiques sur la SSA et les monnaies locales
- Réaliser des études de cas auprès d’expérimentations de SSA mobilisant des monnaies locales (analyse documentaires, entretiens, focus-groupes, observations, etc.)
- Identifier, caractériser et comparer les différents supports monétaires mobilisés et leurs usages
- Participer à l’analyse et à la valorisation des résultats (notamment participer à l’organisation d’un mardi de l’ESS sur le sujet, à la rédaction d’un article pour le site The Conversation, etc.)
Les activités scientifiques réalisées dans le cadre du stage pourront tout à fait faire l’objet du mémoire de stage.
Les missions peuvent évoluer en fonction des contraintes rencontrées, mais également des spécialités de la personne en stage.
Le profil recherché
- M2 SHS, économie, gestion, sociologie, géographie
- Une appétence pour les activités d’enquête et de recherche scientifique
- Maîtrise de l’enquête qualitative
- De bonnes qualités rédactionnelles
- Sens de l’organisation, autonomie
- Un intérêt et des connaissances préalables à l’égard des enjeux d’accessibilité/démocratie/justice alimentaire et/ou des monnaies locales
Informations complémentaires
- Période du stage : de 4 à 6 mois, à partir de février 2026
- Gratification du stagiaire : Le montant de la gratification est de 4,35 euros par heure de stage (35h/par semaine).
- Lieu : Triangle – MSH – 14 avenue Berthelot, Lyon 7ème
Envoyer CV + note de réflexion sur le projet de recherche de 2 pages à envoyer avant le 20 janvier à : m.fare@univ-lyon2.fr et s.saleilles@univ-lyon2.fr